Ouragan Matthew : reconstruisons Gentillote !

L'école de Gentillotte avant l'ouragan MatthewDans la nuit de lundi 3 à mardi 4 octobre, l'ouragan Matthew est passé sur Gentillote en provoquant principalement de très graves dégâts matériels. Le bilan à Gentillote est désastreux, pour les habitants et pour l'école, ainsi que nous l'a confirmé Jean Marc Henry, Président de l'ASPAG (Association de Solidarité avec les Paysans et Amis de Gentillote).

 

Si aucun décès n'est à déplorer dans la zone de Gentillote, il y a des personnes blessées, parfois gravement, par les chutes de tôles. Quant aux dégâts matériels, ils sont particulièrement importants :

- environ 90% des maisons n'ont plus de toit, la pluie continue durant 3 jours ayant détérioré les intérieurs et détruit quantité de réserves, vêtements et autres ustensiles.

- les cultures sont entièrement détruites, entraînant un manque total de revenu pour les paysans de cette zone, qui peinaient après 3 années de sécheresse.

- 40 à 50 % des arbres sont à terre, certains ayant également détruit des maisons en tombant.

L'école de Gentillotte après l'ouragan Matthew- A l'école, toutes les salles ont perdu leur toiture, réduisant à néant les équipements et fournitures ou la réserve de la cantine.

 

Après 10 ans de collaboration efficace, nous sommes déterminés à apporter l'aide nécessaire pour faire face à l'urgence : s'alimenter, s'abriter, éviter le choléra... et surtout réparer les dégâts pour que les habitants puissent de nouveau reprendre le projet de développement social et économique de leur village.
Nous lançons donc un appel aux dons pour permettre la reconstruction de Gentillote.

Merci de votre soutien !

Détail de la collaboration

La collaboration entre Solèy Leve - Solidarité avec Haïti et l’ASPAG a débuté en 2007. Gentillote est situé dans le sud d’Haïti à une quinzaine de kilomètres des Cayes et compte environ 4000 habitants.

En 10 ans, nous avons soutenu l’ASPAG dans ses projets de développement de cette zone rurale. C’est ainsi que nombre d'entre eux ont pu se concrétiser avec aussi l’aide précieuse d’autres associations : construction d’une école composée de 9 salles, scolarisation de 270 enfants recevant des enseignements allant de la petite section de maternelle à la 8ème année de l’école fondamentale, mise en place d’une cantine scolaire, construction d’une salle communautaire, mise en place d’un jardin pédagogique, construction d’un puits avec un château d’eau fonctionnant à l’énergie solaire, soutien dans le développement d’une coopérative agricole pour l’ASPAG…).

Détail des destructions à l’école

- La grande salle n’a plus de toit (ni tôle ni charpente), même une des portes latérales (métallique, pleine) a été arrachée.

- La salle de classe construite en premier (située en haut du terrain) n’a plus ni toit ni charpente.

- Les deux suivantes ont encore leurs charpentes, mais les tôles sont toutes parties.

- Sur le groupe des quatre classes construites ensuite, la partie nord des toitures a disparu (tôles et charpente), le côté sud est intact.

- Sur la salle de direction (accolée à ces quatre salles), une ou deux tôles sont parties.

- Les murs de l’ensemble de ces constructions sont restés en bon état. Les constructions plus légères qui avaient été construites dernièrement sont par terre.

- Du côté du puits, le château d’eau est toujours debout (le réservoir s’est légèrement décalé sur sa plate-forme), et les panneaux solaires sont toujours là.

- Vendredi 7 octobre, le soleil est revenu et les panneaux ont pu être testés : cela fonctionne, et le puits est opérationnel (en revanche l’abri qui avait été construit à proximité pour se protéger du soleil pendant le remplissage des seaux, est détruit).

- Le maïs qui avait été récolté pour la cantine a germé, mais il a été mis à sécher avec le retour du soleil. Une partie pourra être utilisée pour l’alimentation des habitants, le reste pourra servir à nourrir les animaux.

Quelques points positifs

A Gentillote, le point le plus positif est la forte présence de l’ASPAG qui, depuis 10 ans, travaille à améliorer la vie sur la région. Nous savons que l'ASPAG saura trouver l'utilisation la plus efficace des fonds envoyés.

 

Au milieu de tous les dégâts, quelques éléments importants subsistent :

- Les murs de l’ensemble des constructions de l’école sont restés en bon état.

- Du côté du puits, le château d’eau est toujours debout (même si le réservoir s’est légèrement décalé sur sa plate-forme), et les panneaux solaires sont toujours là. Leur bon fonctionnement a pu être testé.

- Compte-tenu des puits disponibles dans le secteur (avec les pompes à bras), il ne devrait pas y avoir de problème d’accès à l’eau. Mais dans le doute sur ses qualités sanitaires, il faudrait prévoir du chlore pour la prévention du choléra.

- Les routes empierrées qui mènent à l’école ne sont pas trop détériorées, et sont accessibles (après dégagement des branches tombées).

 

Enfin, la liaison vers Port au Prince semble rétablie, avec un passage à gué à l’endroit où le pont est effondré. Cela nous permet d’envisager le transport de produits (bâches, riz, chlore …).

Conséquences et actions

Dans l’immédiat, on ne voit pas comment l’école peut reprendre ; les manuels scolaires, les réserves de fournitures ainsi que l’équipement des salles étant réduits à néant. Il en est de même pour le matériel scolaire que chaque élève garde chez lui.

Quoiqu’il en soit, il est indispensable de pouvoir continuer à régler les salaires des enseignants, qui, plus que jamais en ont besoin.

Jean-Marc nous a fait part de son inquiétude pour la poursuite des 7ème et 8ème années, et de la rémunération des enseignants de ces classes, qui est censée reposer sur l'écolage payé par les parents (en dehors des élèves parrainés). Il n’est pas possible que les parents, tous confrontés aux gros dégâts sur leur maison et aux pertes de récoltes, puissent continuer à payer cet écolage, même après réparation et reprise des cours.

Pour ces élèves, nous recherchons donc des parrainages.

Article témoignage

Après plusieurs jours sans réseau, nous avons pu joindre Jean Marc Henry, président de l’ASPAG, Association Solidarité Paysans et Amis de Gentillote, le vendredi 7 octobre au soir. Il a pu nous raconter la façon dont lui et sa famille ont vécu le déroulement des événements lors du passage de l’ouragan.

Il leur avait été annoncé un cyclone mais pas un ouragan de force 5. Aussi, suivant les consignes, ils avaient pris les précautions habituelles : essentiellement rester à l’abri chez soi à la maison. Ils ignoraient également l’heure prévue de l’arrivée de l’ouragan. Ils ont finalement appris la gravité des prévisions, grâce à internet, peu de temps avant. Le lundi soir la pluie a donc commencé à tomber, et le vent à souffler fortement. Vers 11h/minuit, le vent est devenu particulièrement violent. Jean Marc a essayé d’obturer comme il a pu les ouvertures des fenêtres (qui sont des ouvertures munies de grilles en fer forgé, sans vitre ou volets). Quand il a compris que le vent allait continuer à forcir, il a fait descendre toute la maisonnée, au rez-de-chaussée (les chambres sont à l’étage, couvertes d’un toit de tôle). Lui-même s’est réfugié dans une des salles de classe (sa maison jouxte l’école).

Au bout d’un moment, un voisin, M. Labbé (le mari de Gésilaine, une des trois femmes qui préparent les repas à la cantine) l’a rejoint pour lui dire que son toit était parti. A ce moment, Jean Marc a regardé dehors et s’est aperçu que le toit de la grande salle avait disparu, ainsi que celui de sa maison.

Il faisait alors trop nuit pour évaluer les dégâts. Lorsque le jour s’est levé, ils ont pu voir tous les toits qui volaient comme des feuilles et la plupart des arbres à terre. Jusqu’à l’accalmie, vers 7h du matin, ils ne pouvaient n'ont pu qu’observer, impuissants, tous ces dégâts. Jean Marc et son épouse Rose Michèle ont accueilli jusqu’à 15 personnes pendant ces 3 jours de pluie.

Certains, parmi les plus âgés se souviennent qu’en 1964, il y avait eu un ouragan aussi violent, ce qui confirme les informations que nous avions eues par ailleurs.